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Regards croisés Insaho x FairMoove Solutions

Performance, RSE, IA… Comment la formation est-elle en train de se réinventer ?


Pendant longtemps, la formation professionnelle a été perçue comme un sujet RH, une obligation réglementaire ou un investissement ponctuel. Mais dans un monde où les métiers évoluent sans cesse, où l'intelligence artificielle bouleverse les pratiques et où les enjeux environnementaux s'imposent à toutes les entreprises, son rôle change profondément.
À l'occasion de leur partenariat, Insaho et FairMoove Solutions ont souhaité confronter les visions de Clarisse, directrice et cofondatrice d'Insaho, et de Maden, directeur du pôle Formation de FairMoove Solutions.
Nous leur avons posé les mêmes questions. Deux regards, une même ambition : faire de la formation un véritable levier de transformation des organisations.

 

1. La formation professionnelle est-elle arrivée à un tournant ?

Clarisse

"Oui, sans aucun doute. Pendant longtemps, la formation a été considérée comme un sujet RH. Aujourd'hui, elle devient un sujet de stratégie d'entreprise. Au même titre que le marketing, la commercialisation ou la finance, la montée en compétences est devenue un levier de compétitivité.
L'arrivée de l'intelligence artificielle accélère encore ce mouvement. L'enjeu n'est plus seulement de progresser. Il est de rester dans le jeu.
Les métiers évoluent plus vite que jamais. Les compétences deviennent rapidement obsolètes. Les organisations qui continueront d'apprendre continueront d'avancer. Les autres prendront du retard.
Pour moi, la formation n'est plus un coût ni même un investissement. C'est un actif stratégique."
 

Maden

"Oui, surtout sur les sujets de la transition écologique et sociale. Aujourd’hui, la RSE est partout, mais peu de professionnels savent comment se l’approprier. 
Les formations sont souvent théoriques et déconnectées des réalités opérationnelles des structures. Pour le dirigeant, c’est le levier idéal pour partager sa vision, et transmettre ses valeurs à ses collaborateurs."

 

2. Aujourd'hui, que signifie réellement « former de manière responsable » ? 

Clarisse

"Former de manière responsable, c'est reconnaître que l'apprentissage dépasse largement la salle de formation. Il existe une dimension individuelle : permettre à chacun de développer ses compétences et de gagner en confiance. Une dimension collective : faire progresser les équipes ensemble, partager des pratiques communes et renforcer la coopération. Et une dimension sociétale : dans un monde qui évolue en permanence, une entreprise a aussi la responsabilité de rendre ses collaborateurs plus adaptables, plus autonomes et plus employables.
Je suis convaincue qu'il n'y a rien de plus dangereux qu'une organisation qui cesse d'apprendre. Lorsqu'on n'apprend plus, on finit par défendre des certitudes plutôt que de remettre ses pratiques en question.
Former de manière responsable, c'est donc créer une véritable culture de l'apprentissage."

Maden

"Côté environnement, c'est limiter l'empreinte carbone des parcours. Côté social, c’est respecter la fatigue et les plannings tendus des équipes. Pour cela, nous avons créé une Académie 100% Digitale afin d’offrir un apprentissage asynchrone, accessible partout et en continu. 
Le présentiel ne sert plus à écouter passivement, mais à créer de l'émotion, du débat et du lien autour de la transition de l'établissement."

 

3. À quoi reconnaît-on une formation qui fonctionne vraiment 

Clarisse

"Une bonne formation donne envie. Elle suscite de l'énergie, de la curiosité et l'envie d'essayer autrement. Mais ce n'est pas suffisant. 
Une formation réussie ne se mesure pas à l'enthousiasme ressenti en fin de journée. Elle se mesure à ce qui change plusieurs semaines plus tard.
Les collaborateurs agissent-ils différemment ? Les managers observent-ils une évolution ? Les pratiques ont-elles réellement progressé ?
L'envie est le point de départ. L'apprentissage est la finalité.
Sans transformation des comportements, il n'y a pas réellement de réussite."

Maden

"Au-delà des prérequis pédagogiques indispensables, une formation réussie se reconnaît à un double déclic : l'envie d'agir et la capacité de transposition. 
Avec l’envie d’agir, un collaborateur mesure l'impact positif de ses actions quotidiennes. Il comprend le pourquoi de son métier et il reste.
Avec la capacité de transposition, un collaborateur qui a assimilé une philosophie globale d’entreprise prend la bonne décision en autonomie face à un nouveau défi."
 

4.    Pourquoi tant de formations produisent-elles encore si peu d'impact sur le terrain ?

Clarisse

"Parce que nous continuons trop souvent à considérer la formation comme la réponse à un problème, plutôt que comme un projet de progression partagé.
On forme parce qu'il y a un dysfonctionnement. On inscrit un collaborateur sans qu'il comprenne vraiment pourquoi il est là.
Le manager formule parfois une demande sans avoir identifié le véritable besoin. L'organisme construit une réponse... puis plus personne ne suit ce qui se passe après.
Pour moi, une formation efficace repose sur un pacte tripartite entre trois acteurs : le manager, le collaborateur et l'organisme de formation. Les trois doivent partager le même objectif, connaître leur rôle et s'engager dans le suivi.
Sans cet engagement commun, la formation produit souvent un enthousiasme immédiat... puis un retour rapide aux anciennes habitudes."

Maden

"Je dirai qu’il existe 4 raisons majeures : 
La remise en cause de l’urgence environnementale, et la méconnaissance de la dimension humaine du client : on oublie à quel point son parcours personnel et ses fragilités dictent ses attentes et ses réactions.
L'illusion de la rapidité : on sous-estime l'immensité du sujet. Espérer bâtir une stratégie RSE complète en deux jours de survol théorique est vain. Des éco-gestes à l'inclusion, elle exige une montée en compétences continue.
L'expérience client : ne voyons plus la RSE comme une contrainte administrative à subir en interne, mais comme un très bon levier pour créer de la valeur et améliorer le séjour de la clientèle.
La déconnexion du terrain : la formation RSE ne doit pas être une philosophie isolée, mais s'infuser concrètement dans la technique de chaque geste métier."
 

5.    Peut-on concilier performance économique et engagement durable ?

Clarisse

"Je pense même qu'il est devenu impossible de les dissocier.
Nous avons parfois une vision très court-termiste de la performance. Pour moi, une entreprise performante est une entreprise capable de progresser dans la durée.
Former durablement, ce n'est pas multiplier les actions de formation. C'est construire des compétences qui continueront à produire de la valeur dans six mois, un an ou trois ans.  Lorsqu'une entreprise développe réellement ses collaborateurs, elle améliore son expérience client, sa capacité d'innovation, son attractivité et sa performance économique.
La performance durable est d'abord une performance humaine."

Maden

"Bien sûr ! Et c’est la promesse de FairMoove Solutions. Dans l’hôtellerie d’aujourd’hui, la RSE est le premier levier d'optimisation des marges. Former ses équipes aux enjeux durables, c'est générer des économies immédiates et massives sur ses coûts opérationnels, répondre sans stress aux exigences réglementaires de plus en plus lourdes et attirer une clientèle B2B et B2C prête à s'engager auprès de marques qui partagent ses valeurs. La RSE ne coûte pas d'argent : elle en préserve et elle en génère."
 

6.    À quoi ressemblera, selon vous, la formation en 2030 ?

Clarisse

"Je pense que nous parlerons beaucoup moins de "formation" et beaucoup plus d'apprentissage.
Les parcours seront plus personnalisés, plus multimodaux et beaucoup plus intégrés au travail quotidien. L'intelligence artificielle permettra de personnaliser les contenus, mais elle ne remplacera jamais ce qui fait réellement apprendre : les interactions humaines, le collectif, le feedback, l'expérimentation.
Finalement, la technologie prendra davantage de place... pour remettre encore plus l'humain au centre."

Maden

Selon moi, la formation fera partie intégrante du quotidien opérationnel des structures. Le micro-learning offrira des formats courts et ciblés. En s'appuyant sur notre Académie Digitale, les managers animeront l'apprentissage depuis le terrain.  Il pourra cibler les formations synchrones pour répondre aux besoins d'accompagnement des collaborateurs. 
La formation sera un véritable passeport d'employabilité. L'hôtelier fidélisera ses équipes en s'imposant comme un accélérateur de carrière : valoriser et faire grandir l'humain sera, je l’espère, son plus bel atout.
 

7.    Si vous deviez faire passer un seul message aux dirigeants qui investissent dans la formation, quel serait-il ?

Clarisse

"N'achetez pas des journées de formation. Construisez des parcours de progression.
Avant de vous demander : "Quelle formation devons-nous acheter ?", posez-vous une autre question : "Quel changement voulons-nous réellement observer dans six mois ?"
Lorsque cette réponse est claire, la formation retrouve tout son sens.
Parce qu'au fond, notre métier n'est pas de former. Notre métier est d'aider les organisations à transformer durablement leurs pratiques."

Maden

"Passez à l'action et arrêtez de repousser à demain ! ! Face à des factures qui explosent, des ventes ratées ou un turnover qui s'accélère, l'inaction coûte cher.
Il faut briser le mythe du financement. Investir dans l'humain ne doit pas toujours dépendre d'aides extérieures. Améliorer les compétences booste la rentabilité directe (avis clients, ventes additionnelles, économies nettes). 
Il ne faut plus voir la formation comme une contrainte administrative, mais comme votre meilleur placement."

 

Au croisement de leurs regards

Au fil de cet échange, une conviction s'impose. La formation ne peut plus être considérée comme une parenthèse dans la vie d'une entreprise. Elle est devenue un levier de performance, d'adaptation et de transformation durable.

Si leurs approches diffèrent parfois, Clarisse et Maden se rejoignent sur l'essentiel : former ne consiste plus seulement à transmettre des connaissances. Il s'agit de faire évoluer les pratiques, d'accompagner les transformations et de donner aux collaborateurs les moyens d'agir dans un monde qui change.

Une vision commune qui prend tout son sens dans le partenariat entre Insaho et FairMoove Solutions, au service d'une hospitalité plus performante, plus responsable et plus humaine.

 

 

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