Je ne crois plus à la formation.

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Je ne crois plus à laformation.

 

“Est-ce que tu crois encore à la formation ?”

On m’a posé cette question, au salon Food Hotel Tech.

Et bien non. Je n’y crois pas.

Ironique, non… quand on dirige un organisme de formation ?

Je ne crois pas à la formation one shot de 2 jours, avec 12 participants traités de la même manière, et une promesse de “montée en compétences”.

Je ne crois pas à la formation qu’on lance pour faire bien sur la marque employeur.

Je ne crois pas à la formation annuelle qu’on coche dans un plan, parce qu’il faut cocher une case.

Je ne crois pas non plus à la formation miracle qui viendrait résoudre, en une session, tout ce que le terrain n’arrive pas à faire évoluer.

 

Et je ne crois pas à l’urgence.

À ces demandes du type :

“Il faudrait former rapidement les équipes.”

Rapidement. Tout de suite. Maintenant.

Comme si apprendre pouvait être compressé. Comme si on pouvait régler des sujets profonds… en accéléré.

La réalité, c’est qu’on se trompe.

On travaille sur une demande réactive, au lieu de traiter le besoin de fond.

Et je le dis aussi pour moi.

Je me suis fait avoir plusieurs fois cette année.

Demande floue. Réponse floue. Résultat ? Impact zéro.

 

La formation n’est pas un acte. C’est un processus.

Apprendre, je le vis en direct.

Ce n’est pas linéaire. Ce n’est pas confortable. Ce n’est pas immédiat.

Je comprends. J’oublie. Je refais. Je doute. Je progresse. Je bloque. Je recommence.

Je fais des liens. J’ancre. Je réactive.

Apprendre, c’est une mécanique vivante.

Rien à voir avec une journée en salle.

 

Et pourtant, on continue de concevoir la formation comme un moment.

Une salle. Un formateur. Un début. Une fin.

Comme si apprendre pouvait tenir dans un format.

Les travaux de Philippe Lacroix ou de Stanislas Dehaene le montrent pourtant très bien :

Le cerveau n’apprend pas dans la passivité. Il apprend dans l’action, la répétition, l’engagement. Et il oublie vite ce qu’il n’utilise pas.

 

Alors oui, je crois à la formation. Mais pas à n’importe laquelle.

Je crois à sa quintessence.

Une formation :

  • dans la durée
  • ancrée dans le réel
  • connectée au terrain
  • construite comme un parcours

Je crois à une formation qui ne transmet pas seulement.

Mais qui transforme.

 

Je crois à la multimodalité.

Pas comme un mot tendance. Comme une évidence.

Parce que pour apprendre, il faut :

  • voir
  • faire
  • tester
  • échanger
  • revenir
  • intégrer

Aucun format seul ne suffit.

Une capsule déclenche. Une session fait vivre. Le terrain transforme. Le feedback ajuste.

 

Je crois à l’accompagnement plus qu’à la formation.

Former, ce n’est pas intervenir.

C’est suivre une progression. C’est s’adapter. C’est ajuster en continu.

C’est accepter que la transformation ne soit pas immédiate.

 

Et je crois qu’on se trompe aussi sur le ROI.

On parle beaucoup de retour sur investissement.

Mais au fond :

Qu’est-ce qu’on cherche vraiment à mesurer ?

  • Un taux de satisfaction ?
  • Une feuille d’émargement signée ?
  • Une impression “que ça s’est bien passé” ?

Ou…

Un changement réel sur le terrain ?

  • des pratiques qui évoluent
  • des comportements qui bougent
  • des décisions différentes
  • des résultats opérationnels visibles

Le vrai ROI de la formation, ce n’est pas la satisfaction.

C’est la transformation.

Et cette transformation… ne peut pas se mesurer à chaud. Elle se construit. Elle s’observe. Elle s’accompagne.

 

Je crois aussi qu’on s’est trompés sur la valeur.

On a voulu rendre la formation accessible.

C’est une bonne chose.

Mais parfois… on l’a aussi vidée de son engagement.

Se forme-t-on parce que c’est utile ? Ou parce que c’est pris en charge ?

Ce que l’on ne paie pas, on le priorise moins. Ce dans quoi on n’investit pas, on s’y engage peu.

Sujet sensible.

Mais réel.

 

Alors oui, j’ai des convictions.

Et encore beaucoup de questions.

Parce que le “comment” reste à affiner.

Mais le fond est clair :

La formation doit changer. Radicalement.

 

I have a dream. (Elle n’est pas de moi, dommage )

Celui d’un collectif.

Un vrai.

DRH. Apprenants. Formateurs. Coachs. Acteurs tech.

Tous autour de la table.

Pas pour optimiser l’existant.

Pour le challenger et le réinventer.

 

Alors, quid du plus grand hackathon RH hôtelier ?

Un moment pour tout challenger :

  • les formats
  • les modèles
  • les usages
  • les expériences

Un moment pour arrêter de corriger à la marge.

Et enfin construire la formation de demain.

 

Qui est in ? (Like, comment, MP)

Clarisse LABAT

 

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